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Gérard LORIDON - 2ème Partie

Le Scaphandre du Chevalier de Beauve ou ... une victime des affiches en couleurs !

Il en est ainsi de notre époque où les sources historiques sont remises au goût du jour ou redécouvertes grâce au talent de quelques romanciers ou cinéastes en mal de copies ou de scénario…L’essentiel étant le rapport financier et non la vérité historique.


Il est donc du devoir de HDS.France de remettre les pendules à l’heure.
Je vais donc vous parler aujourd’hui du scaphandre du Chevalier Pierre de Rémy de Beauve. Ce distingué personnage n’aurait jamais dû faire surface ce qui est pour le moins paradoxal pour l’inventeur d’un engin destiné à aller sous l’eau.


Mais le cinéma veillait. C’est ainsi que Mr Patrice Leconte, par ailleurs excellent réalisateur, nous fit apparaître ce matériel novateur pour son époque dans le film « Ridicule » (voir affiche jointe) Je n’en raconterais pas les péripéties en détail.

"Ridicule" le film


Sachez seulement que mis à part les charmes évidents de Madame Fanny Ardant, on y découvre une jeune fille qui, en mal de siècle des lumières, s’est mise en tête de découvrir les fonds subaquatiques. Dans un puits tout d’abord, dans un étang ensuite. Surtout, en utilisant le scaphandre mis au point par notre Chevalier. Tout ceci est peu conséquent. Ce qui l’est plus c’est lorsque le Président du Musée DUMAS, mon excellent ami PYLB (pour Pierre Yves Le Bigot) retrouve ce matériel oublié dans un tiroir de la société productrice Épithète et le fait acheter par la Mairie de Sanary pour le dit Musée. Homme de savoir, précis dans l’histoire, PYLB retrouve aussi une publication du Musée de la Marine fournissant moult détails sur cet engin bizarre. Depuis cette copie fidèle, disons le, se trouve être la pièce qui attire le plus les touristes et autres visiteurs.


Noble destinée que celle d’un scaphandre pour ainsi dire inconnu et dont l’inventeur se trouve être le Chevalier Pierre de Rémy de Beauve, garde de Marine à Brest en 1715. Cette machine subaquatique a-t-elle servie, c’est possible, mais pas très profond quand on s’aperçoit que l’air était envoyé de la surface à l’aide d’un soufflet passait dans le casque et était évacué illico dans un autre tube. Le Scaphandrier respirait ce qu’il pouvait au passage. (Voir la gravure ci dessous réalisée par mon épouse) Le chevalier s’étant rendu compte que cela faisait plaquer l’habit, y ajouta un corset interne en ferraille…


Pierre de Rémy de Beauve lui nous serait inconnu s’il n’en était fait état dans les mémoires du corsaire Duguay Trouin. Il y est cité, comme ayant participé à ses côtés à la prise de Rio de Janeiro où il aurait mis au point des supports de pièces d’artillerie. Ce qui tendrait à prouver son ingéniosité.
Il est écrit qu’il aurait aussi été chef d’escadre, Capitaine de Vaisseau, mais il est difficile de trouver mieux. Après c’est le trou noir…jusqu’au jour ou…
… nous allons retrouver un Debeauve actuellement à Paris. Il s’agit d’une excellente et renommée chocolaterie.

Chocolaterie Debauve

Qui possède un site Internet où il est dit que leur activité chocolatière remonte assez loin. Certes ils s’appellent Debauve, mais rappelons-nous qu’en 1793, la particule se devait d’être vite oubliée pour ne pas finir ses jours sous le Rasoir National.
Et de là pourrait se dégager une hypothèse remarquable, romancée sans doute. Historique pourquoi pas ?

Récupération des sacs de cacao dans le port de Brest en 1715

Récupération des sacs de cacao dans le port de Brest en 1715


En voici mon analyse toute personnelle s’entend :
C’est au 18 ème siècle qu’apparaît en France le chocolat. Il est cependant présent en Espagne et en Angleterre. Chez nous il devient une denrée rare, goûtée par des dames de haute lignée, Mesdames de Maintenon, de Sévigné, la Pompadour…Snobisme aidant, il s’agit là d’un produit cher.
Alors, imaginons un instant, cet inventif Chevalier de Beauve, dont la famille doit distribuer le chocolat à la cour, se dit que si des ballots de fèves de cacao tombent à la mer lors du déchargement. Pour lui, il serait certainement très rentable d’aller les récupérer. Alors il invente…
CQFD ! Il est certain que son matériel peut aussi être employé pour visiter des coques de navires, obstruer des voies d’eau…Mais le renflouement des sacs de chocolat c’est certainement beaucoup plus rentable.
Je vous laisse seul juge de mes affirmations péremptoires sans doute, comme d’habitude fruit de mon imagination débordante, mais tant que l’on n’aura pas trouvé mieux… ?

Gérard LORIDON

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