Les technocrates c’est les mecs que, quand tu leur poses une question,
une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as posée. (Coluche)
Voilà la biographie d’Archimède telle que l’on peut la trouver dans des documents et pages Internet sérieux :
Archimède naît à Syracuse et y passera sa vie entière. Il se fait connaître rapidement par ses talents et ses découvertes scientifiques. Il est le premier à améliorer les techniques de numération des très grands nombres. En géométrie dans l'espace, il s'intéresse aux travaux réalisés par le mathématicien Euclide, puis découvre dans la géométrie plane un moyen de calculer approximativement le chiffre Pi. Archimède retranscrit ses découvertes dans plusieurs traités mais tous n'ont pas traversé les siècles. En ce qui concerne la physique, il met au point le principe du levier et parle déjà de centre de gravité. Il fait donc des découvertes d'ampleur dans le domaine de la statique et parvient à démontrer le principe de l'hydrostatique auquel il donnera son nom (Traité des corps flottants). Il n'aurait sans doute pas fait cette découverte sans le problème que lui avait soumis le roi Hiéron II. Archimède cherchait une méthode pour prouver que la couronne royale était bien en or massif sans l'abîmer. C'est en trouvant la solution dans son bain qu'il s'écria le légendaire "Eurêka!". Plus tard, le scientifique s'intéresse au domaine de la mécanique et met au point de colossales machines de guerre. Ces dernières permettront à Syracuse de résister quelque temps aux Romains durant la seconde guerre punique. Archimède y trouvera toutefois la mort.
Il est intéressant de connaître les données du problème que lui soumet Hiéron. C’est une histoire non pas de diamants, mais de couronne en or sur le quel ce brave homme à des doutes et pour cause, car après d’autres recherches on trouve :
Il y eut une dénonciation disant qu'après avoir ôté de l'or, on avait mêlé la même quantité d'argent dans la fabrication de la couronne. Hiéron, indigné d'avoir été joué, et ne trouvant pas comment il mettrait la main sur le vol, demanda à Archimède de se charger pour lui de cette réflexion. Alors Archimède, comme il avait le souci de cette affaire, alla par hasard aux bains, et là, comme il entrait dans sa baignoire, il s'aperçut que le volume de son corps qui y était plongé était égal au volume d'eau qui s'en écoulait. Ce phénomène lui montra comment expliquer l'affaire et, sans s'attarder, il sauta de la baignoire, poussé par la joie, et, allant nu chez lui, il faisait entendre à tous en criant qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait. En courant il criait sans cesse en grec : EUREKA ! EUREKA
Je vous demande de vous attarder un moment sur le fait que ce brave Archimède (Archi pour les copains) avait fait cette découverte en allant aux bains. Sur le plan hygiène rien a dire certes. Mais attention, les bains à l’époque ça tenait plus du lupanar façon « One Two Two » que de l’établissement municipal sérieux. Pensez qu’il y avait là-dedans pléthore de masseuses perverses, bien que certainement pas d’origine thaïlandaise. Avec les jolies esclaves dociles que ramassaient grecs et romains dans leurs conquêtes, le personnel devait être trié sur le volet et offrir des prestations de qualité. On peut lire que notre ami Archi, sort à poil dans les rues, dans un état post-orgasmique en criant sa joie. On lui prête le mot « Euréka », ce qui veut dire en grec « J’ai trouvé ! » Les scaphandriers de la SGTMF que j’ai connus n’avaient jamais pratiqué cette langue antique. Nous sortions dans les meilleurs des cas de centres d’apprentissage avec des passages, pour certains formés dans la marine, dans « Les salons de Madame Fourina » ou le « Parc à buffles » de la rue Catinat à Saigon.
En tout cas c’est ce qui va être traduit par nos distingués historiens par l’appellation du « principe d’Archimède » Il faut avoir de l’audace pour tenir de tels propos.
Je ne vais pas vous le citer ici, vous connaissez !
Alors maintenant je vais m’y attardez sur ce soi disant principe, car quand même certifier qu’un objet qui tombe à l’eau va subir une poussée par en bas qui va le faire revenir en surface, c’est quand même un peu péremptoire, pour ne pas dire utopique.
Le marin que j’ai été, le scaphandrier que je suis, même à la retraite, peut vous certifier que ce qui est passé par-dessus bord, c’était bien « paumé » ! La preuve, dans la Marine, les vociférations et engueulades du Maître chargé, breton ou mocco ce qui va rendre difficile la traduction des termes employés :
- Espèce de lucdu ! Tronchemolle ! Ensuqué ! je l’avais à charge la clé à mollettes…
C’était moins grave quand le type de matériel perdu était « Consommable » tel que le pinceau, le pot de peinture, le rouleau de papier hygiénique (qui faisait dire souvent à ces officiers mariniers responsables et chapardeurs « le papier cul c’est pour ma gueule ! »)
En tant que scaphandrier, combien de fois ne nous somme pas fait souffler dans les bronches par Galerne :
- Bandes de jeunes couillons, j’en ai assez de vous acheter des caisses à outils que vous oublier de remonter ou que vous perdez au pied des barrages. À partir d’aujourd’hui, débrouillez-vous ! Les pinces bécro, maintenant, allez les fauchez sur les chantiers des autres entreprises ou carrément dans les ateliers des Ponts et Chaussées.
Nous les marins et les scaphandriers, nous avons vite compris et adapter le dit « Principe »suite à nos expériences en la matière, précisant que :
- Tout matériel ayant disparu au fond et n’étant pas réapparu au bout de 24 heures est considéré comme perdu !
Que dire de plus ! C’est quand même d’un réalisme profond. Que dis-je, d’un pragmatisme certain. C’est prouvé ! Nous la baignade on connaît ! Certes, nous reconnaissons que ce brave Archi, pouvait être ému sortant des mains d’une spécialiste du massage érotique, nul n’en doute ! Mais avouez que pour un homme à principes, cette situation est pour le moins fâcheuse. Cela se passerait actuellement, il se ferait allumer, tel un vulgaire Président de la République, par les paparazzis et les médias !
Alors que faire pour se rattraper et redorer son blason de mathématicien cependant célèbre. Sa géniale démonstration est largement reprise. Là aussi, après des recherches, j’ai trouvé ce que l’on enseigne maintenant aux jeunes plongeurs :
- Le calcul de la flottabilité permet de choisir le bon lestage pour le plongeur. C’est-à-dire le lestage qui permet de descendre facilement et qui permet, lors de la remontée, de faire les paliers.
Exemple d’un calcul de flottabilité :
Pour un plongeur en combinaison équipé du bloc pesant 80 kg à l’air libre, il occupe, avec son équipement 85 litres. Donc grâce au calcul de flottabilité, précédemment cité, on trouve que cette dernière est de 5 kg. Celle-ci étant positive le plongeur flottera. Il devra donc se lester avec une ceinture chargée de 6 kg de plomb. La flottabilité deviendra alors négative donc le plongeur pourra s’immerger.
Il pourrait paraître plus logique qu’un lestage de 5 kg aurait été plus adapté, cela serait sans compter les aléas de fin de plongée.
En effet, lorsque la bouteille est presque vide, elle a perdu 1 kg d’air. Par conséquent avec 5 kg de lestage la flottabilité serait positive, à ce moment-là le plongeur est léger, il remontera donc rapidement à la surface et par ce fait ne pourra pas tenir le ou les paliers(s).
Si avec cela vos jeunes touristes sous marin, ils s’en sortent lors du passage de leurs niveaux, c’est qu’ils ont un bagage technocratique de haut niveau. Je me rappelle que l’un des clubs que je fréquentais avait un taux de réussite élevé pour tout ce qui était physique. Normal, quand on sait que les moniteurs arrivant le matin réunissaient les stagiaires et leur tenait un langage peu ampoulé, je le reconnais, mais ô combien formateur :
- Vous prenez les palmes, masques et tubas et vous faites des tours de l’île jusqu'à ce que l’on vous dise d’arrêter.
Et d’ajouter en aparté entre eux en allant prendre le café matinal :
- La natation forme le plongeur et repose le moniteur !
Sage maxime, qui mise en pratique dans ce club, vous formait des plongeurs sérieux.
Ce qui ne peut que conforter mon point de vue sur le manque de sérieux de notre ami Archi, c’est l’explication de son décès tragique. Encore une fois je vais vous présenter la thèse officielle :
« …théoricien célèbre, Archimède est aussi un ingénieur qui invente la vis sans fin, ou des machines pour la défense de Syracuse comme la catapulte. Grâce aux créations d'Archimède, Syracuse résistera pendant 3 ans aux Romains lors de la Seconde Guerre Punique. Mais la ville finit par être prise, et Archimède décède lors de l'invasion. La fin de sa vie est décrite ainsi par Plutarque :
Comme le destin le voulait, Archimède était en train de résoudre un problème par un diagramme, et avait les yeux et l'esprit fixé sur l'objet de sa réflexion; il ne remarqua pas l'entrée des Romains, ni le fait que la ville ait été prise. Inopinément, un soldat survint et lui demanda de l'accompagner. Comme il refusait d'obtempérer tant que son problème n'était pas résolu, le soldat fou de rage brandit son sabre et le transperça... Marcellus le général qui dirigeait l'armée romaine, et qui avait en haute estime le savant, ne désirait pas la mort d'Archimède et fut navré d'apprendre son décès. Il fit organiser des funérailles grandioses, et sur le tombeau du savant, il fit graver... « une sphère et son cylindre circonscrit. »
Bon, je veux bien, mais quand même, un mec aussi sérieux qui vous invente des armes de guerre, ça ne se « flingue » pas comme çà. Surtout que les Romains c’étaient des gars organisés.
Un exemple du même ordre nous est donné par Von Braun, l’inventeur du V2. Les Américains, ils se le sont récupérés fissa. Et l’autre il leur a fait la fusée pour aller dans la lune.
Alors notre pauvre Archi, il ne devait pas être si bien vu.
Dommage, mais la technocratie c’est dangereux, nous en savons quelque chose.
Gérard et Dany Loridon
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