Je suis l'ancien greg_diver
Quatre ans déjà, que ma vie a basculé.
Voici mon histoire...
Ce témoignage a été écrit pour le forum communautaire onplonge.com dont je fais parti.
C'est un peu long mais tenter d'aller au bout
ADD, le récit d’une vie brisée,
Bonjour a tous, dans l’esprit de onplonge, voici un partage d’expérience avec maintenant quatre années de recul.
Pour resituer le contexte, nous sommes le 22 octobre 2005, j’arrive à mon centre de plongée habituel, pour une plongée sur Le Donator. J’ai prévu une plongée en circuit ouvert avec un Bi, 2 fois 9 litres FABER….
Il est 9 heures, c’est le départ du bateau, nous voila parti pour rejoindre le Donator… La plongée sera faite en largage, l’épave n’était pas balisée à l’époque…. Je plonge avec mon binôme de toujours, ma couille droite, c’est comme ça que nous sommes nommés, la droite et la gauche.
Le sondeur est clair, nous sommes dessus, le « DP », envoie le « GO », nous nous jetons, et attrapons la balise que le plongeur a la gueuse vient de faire crever a la surface. Nous attaquons notre descente et nous retrouvons sur le plat pont a -42 mètres. Il y a comme d’habitude, un fort courant, nous décidons de rester sur le pont, pas la peine de descendre plus bas….
Après un temps fond de 14 minutes, nous entamons notre remontée, ouverture du parachute et c’est parti pour la décompression, je ne peux malheureusement pas vous donner le temps de « Déco », je ne me souviens pas de cet élément, j’en suis navré….
La déco a été parfaitement respectée, et les paliers tenus a bonne profondeur… Malgré que la mer se soit un peu levée, les paliers ne sont pas pénibles.
Fin de la décompression, et nous faisons surface, le bateau arrive et nous accrochons l’échelle, la montée a l’échelle est difficile, elles sortent de l’eau une fois sur deux, au gré des vagues plus ou moins grosses…. Mon bloc est lourd, j’arrive a me hisser sur le pont enfin, je me mets a l’aise.
Un quart d’heure après la sortie de l’eau, je commence a ressentir des picotements dans le bras droit… Je n’y prête pas plus attention, il y a de la mer et il fait froid, je suis sujet au mal de mer, il est donc « évident » que le fait de ne pas être dans mon assiette est normal. Grossière erreur, mais malgré tout ce qu’il nous est enseigné et bien, on ne percute pas forcément. 20 minutes après, fin des symptômes.
On retourne au port…. Petit repas entres potes et retour a la maison... Je me suis senti très fatigué le samedi après midi, mais quoi de plus normal après une plongée a -42 mètres. Le dimanche se passe très bien aussi.
C’est dans la nuit de dimanche à lundi, que tout bascule, je me lève en pleine nuit, je me sens mal, très mal. Je comprends de suite ce qu’il se passe, il est 4 heures du matin, je me lève dans 2 heures, je décide de retourner me coucher. Dès l’arrivée au travail, je vais consulter le médecin, et oui j’étais encore militaire à l’époque.
Me voilà arriver à l’Hôpital de Sainte Anne, j’arrive avec mes symptômes (début de perte de motricité dans le bras droit, ça commence à toucher le membre inférieurs droit, ma prise en charge est immédiate, pas le temps de dire « OUF », que je suis déjà perfusé, c’est l’angoisse, n’ayant pas fait d’erreur pendant ma plongée, je sais pertinemment où je vais, et pourquoi j’y vais. Le médecin arrive et me commence la batterie de test réglementaire, « ca pique là ou ca touche, c’est chaud ou c’est froid ? ». Le verdict tombe c’est bien un ADD a expression cérébrale, comme ils disent… Je fonds en larmes dans la salle, je connais le tarif, je sais que pour moi, c’est fini, je ne pourrai jamais plus replonger…. On me met dans le caisson, on attaque la descente, je suis branché de partout, j’ai du mal à passer mes oreilles, le nez est pris par mes larmes de tristesse.
On stop la descente a 6 mètres, le médecin est descendu avec moi et me demande mes ressentis, mes symptômes se sont un peu estompés, mais pas ma meurtrissure sentimentale… Ma descente se finit à quinze mètres et me voila parti pour 2h30 de décompression. Pendant l’application de la table, l’infirmière descend tellement de fois pour m’empêcher d’arracher mes perfs et mon masque à oxygène, que pour la dernière remontée, elle se tape un palier de 30 minutes a 9 mètres.
« Ne rêves pas Grég elle n’ouvrira pas le caisson, tu es coincé seul dans cette boite et c’est la que tous tes rêves de vie à travers la plongée s’arrêtent… »
S’en suivent 30 séances, les douleurs varient tant au niveau de l’effet « bras cartonné », que de ces maux de têtes… Bilan de fin de traitement, et verdict, shunt gauche droite confirmé, on ne parle pas encore de Foramen Ovale perméable. « Il reste bien sûr inapte médicale définitif a la plongée autonome »
Les premiers mois après mon accident, je n’arrivais pas à comprendre cette injustice, je me suis jeté corps et âme dans l’apnée, un gros palliatif, mais il manquait quelques chose a ma vie…. Je sentais un vide, un rêve non accompli…
Ma vie sentimentale a basculé, et c’est ce fameux jours, où j’ai montré à la femme qui partage ma vie, les machines avec lesquelles j’avais plongé, toute ma passion qui me dévore tant depuis 8 ans maintenant… C’est de là que tout est reparti, un coup de téléphone à un vieil ami instructeur Tek…. Le café chez lui dans le haut Var, le rapport autorisant la plongée dans des conditions bien draconienne… Rendez-vous pris, de nouveau écho-doppler, le shunt est toujours là, ça ne se referme pas souvent ces trucs…
J’ai attaqué ma formation en Submatix en avril, et je remercie Jeff, pour la patience et son grand professionnalisme….
J’ai passé une cinquantaine d’heure sous l’eau à ce jour, sans incident, je suis la preuve que l’on peut plonger avec un FOP déclenché à l’inspiration profonde. Mais il faut rester bien conscient que le risque est toujours là, et ce à chaque instant, plonger avec un FOP est risqué… Ne vous faite pas détecter, il faut continuer à vivre sa passion….Mais gardez toujours a l’esprit que vous faite peut être parti de ces 33 pourcents au monde à avoir un FOP, gardez le toujours a l’esprit, ne relevez pas l’ancre après votre plongée, ne faites pas d’effort en bloquant votre respiration, ce qui m’est arrivé, n’arrive malheureusement pas qu’aux autres…
A l’heure où je vous écris ces lignes, je suis sur le point de me faire fermer le FOP, je rentre lundi soir à la Timone, , et l’opération se déroule le 25 au matin, ayez une petite pensée pour moi les amis…
Tout ce récit, n’est pas qu’une mise en garde, c’est aussi un message…. « IL Y A TOUJORS UNE LUMIERE AU BOUT DU TUNNEL LES AMIS ». Ecoutez votre corps et n’hésitez même pas une seconde a partir au caisson si un symptôme se faisait ressentir.
A ce jour, mon FOP est fermé, je reprends la plongée début mars.
@micalement Grég mercé


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